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COLLECTIF PARLEMU CORSU !


CONFERENCE DE PRESSE DE CREATION
26 Mai 2007

35 personnes étaient présentes ce jour-là. Il s'agit des 35 noms en tête de la liste des signataires de la pétition que nous vous proposons.

I. QUI SOMMES NOUS ?

Nous sommes des personnes de la société civile fortement attachées à la langue corse. Tous, inquiets de sa santé, nous voulons nous mobiliser pour lui permettre de retrouver sa place naturelle dans la société.

Aujourd’hui, devant vous se trouvent rassemblés des gens de tous horizons : agriculteurs, docteurs, professeurs, instituteurs, commerçants, chefs d’entreprise, salariés, artistes, personnes sans travail ou retraités…

Nous ne représentons ni une structure politique, ni une organisation syndicale. Nous ne sommes pas non plus l’union d’une corporation, même si au départ la démarche a été initiée par des professeurs. Ce qui somme toute est naturel puisque les enseignants, assurant sa transmission, sont par définition obligés de se préoccuper de l’avenir de la langue corse.

II. COMMENT EST NÉE LA DEMARCHE

En avril 2004, plusieurs professeurs de Langue et Culture Corses issus depuis peu des bancs de l’Université de Corse se sont retrouvés. Ensemble ils ont dressé un constat très négatif sur l’état de la langue qu’ils enseignaient.

Ces professeurs, rejoints peu à peu par d’autres collègues, considèrent qu’en dépit des efforts faits à l’école le corse est toujours dévalorisé et pratiquement enseigné comme une langue étrangère sur sa propre terre. Enfin, dans la rue son usage devient de plus en plus artificiel. Ces professeurs ont en eu alors assez d’entendre un discours toujours prêt à embellir la situation de la part des autorités administratives et politiques. Ils ont donc décidé de s’unir en créant une association qu’ils ont voulu militante. Ayant en mémoire qu’il a fallu se battre pour l’obtention d’un capes de corse, ils sont convaincus que la lutte pour la défense de la langue ne peut s’arrêter. C’est ainsi qu’est née " Mossa pà a lingua " en avril 2005.

Conscients que l’école seule ne peut sauver la langue mais uniquement participer à son sauvetage, ces professeurs ont imaginé un plan de développement de la langue dans la société entière. La présentation de ce plan a été l’objet d’une conférence de presse le 29 juin 2005 à Ajaccio ; c’est-à-dire juste avant que la CTC n’annonce sa volonté de créer un Conseil de la Langue et de la Culture corses (CLCC) pour réfléchir à la diffusion de la langue corse (le 1er juillet 2005). Ce CLCC comprend un comité scientifique chargé de faire des propositions. En janvier 2007, celui-ci a produit un rapport qui sera soumis au vote de l’Assemblée de Corse dans les prochaines semaines (ce vote devait avoir lieu fin mars mais a été remis au mois de juillet de cette année).

Durant tout ce temps, profitant d’un réseau d’amis et de connaissances, le rassemblement des professeurs s’est élargi à d’autres composantes du peuple corse pour porter avec plus de force encore ses revendications et leur donner une plus grande légitimité.

C’est le résultat de cet élargissement qui, aujourd’hui, se retrouve rassemblé devant vous à Corte.

III. CE QUE NOUS VOULONS

1. Lancer un appel

Après plusieurs réunions de travail étalées sur plusieurs mois, est née l’idée d’une pétition. Elle résume tous les points que nous jugeons nécessaires pour arriver à une société bilingue. Il s’agit par ce biais de mettre les corses devant leurs responsabilités, les élus et les gens en général. Aujourd’hui peu sont ceux qui se disent contre la langue corse ! Mais ne plus se positionner contre ne signifie pas encore être véritablement en sa faveur. Il est certain que beaucoup ne réalisent pas tous les efforts que la diffusion de la langue corse peut engendrer. Il s’agit d’une entreprise majeure qui nécessitera de nombreuses années de travail. Nous voulons que les gens en aient conscience.

Nous profitons donc de ce jour pour, à la fois, présenter la pétition de manière officielle et lancer un appel au peuple pour lui dire de rejoindre notre démarche de création d’un collectif.

2. Faire croître le rassemblement avec méthode

Créer un collectif, cela signifie rassembler le plus de monde possible. Au bout d’un certain temps, nous comptons donc convaincre les diverses structures de l’île, associatives, syndicales et politiques, de venir avec nous.

Mais auparavant, ce sont les individus que nous voulons rassembler de façon à montrer que la population est prête à se mobiliser pour sa langue, par delà toute idée partisane.

La langue appartient à tous. Son épanouissement est l’affaire de tous.

IV. LA PETITION : un plan pour une société bilingue

Notre pétition intervient dans un contexte particulier puisque la CTC est en train de réfléchir à un plan pour le développement de la langue corse. Preuve qu’aujourd’hui l’inquiétude à propos de la santé de la langue est partagée par tous les acteurs publics insulaires. Aussi, avant d’expliquer dans le détail cette pétition nous tenons à donner notre avis sur le rapport du Comité Scientifique du CLCC. En le comparant avec le travail que nous avions déjà produit, il est clair pour nous que si certains des points qu’il contient sont intéressants, ils ne suffiront pas.

1. Notre avis sur le rapport du Comité Scientifique

- Les mentalités ont changé !
Les élus de l’Assemblée semblent décider à se préoccuper de la santé de la langue corse. Ils entendent même créer dans la société " une dynamique du bilinguisme " ! Une telle déclaration d’intention était inimaginable quelques années en arrière. C’est sûr, le changement dans les mentalités de nos élus est conséquent. On peut affirmer qu’ils ont franchi un pas. Nous le reconnaissons et nous nous en réjouissons!

- Cela ne suffit pas
En fait, cette évolution positive vient épouser une volonté populaire : plus que jamais, le peuple corse veut que sa langue vive! Mais pour nous les mesures proposées ne suffiront pas à faire de la langue corse une langue véritablement vivante. C’est d’ailleurs ce que reconnaissent les experts chargés par les élus de rédiger le rapport. Dans leur conclusion, ils ont écrit : " il s’agit de mesures à minima en deçà desquelles on ne peut arrêter le déclin du corse ". Cela signifie que ces mesures pourront seulement empêcher le corse de mourir. Pour autant, elles ne permettront pas de rendre son usage courant. Il y a 20 ans, une telle initiative aurait sans doute offert des résultats importants. Aujourd’hui, elle intervient trop tard !

Où en sera la langue corse d‘ici 10 ou 20 ans, si nous nous contentons de ce que le Comité Scientifique propose (à condition bien évidemment que ce rapport soit adopté et appliqué par l’Assemblée de Corse) ? Elle ne sera pas morte certes. Peut être alors les élus accepteront-ils de franchir la seconde étape nécessaire à sa sauvegarde. Mais pourquoi attendre alors que cela c’est pas sans risque ? Ces mesures, en effet, comptent sur le volontariat de la population. Or, même si elles vont pouvoir travailler les consciences en valorisant la langue corse, il est impossible d’affirmer que les gens, tout en désirant que le corse vive, se battront comme ils le devraient pour réaliser ce souhait. Faut-il le rappeler, la langue corse n’est plus la langue du pain et aucune formation n’est imposée. Par ailleurs, au regard de l’évolution de la population et des flux migratoires, comment s’assurer que les habitants se préoccupent toujours autant de la langue corse dans 10 ou 20 ans. Enfin, pourquoi attendre alors que les efforts à faire pour développer l’usage du corse seront encore plus grands. Cela demandera encore plus d’investissement humain et bien sûr encore plus d’argent.

- Le cadre de travail doit être élargi
Il faut être plus ambitieux. Plus précisément il faut donner un autre statut à la langue corse. Aujourd’hui, elle est encore considérée comme une sous langue, minorée sur son propre territoire. Il faut éliminer les tabous et passer de l’incitation à l’obligation pour ce qui est de l’apprentissage du corse à l’école mais aussi à l’extérieur de l’école. Le Comité Scientifique du CLCC est resté dans le cadre de la législation actuelle pour imaginer son plan de diffusion de la langue corse. Il faut admettre que ce cadre de travail est trop étroit. Il faudra le faire évoluer. La langue corse a besoin de beaucoup plus.

En ce qui nous concerne, nous avons justement travaillé sur plusieurs propositions. Comme nous l’avons déjà énoncé auparavant, ces propositions sont exposées dans notre pétition.


2. Le détail de la pétition

(cf la pétition et son développement)




V. CONCLUSION

Pour nous, au regard de l’état dégradé de la langue corse, on ne peut pas se permettre de perdre du temps et de prendre le risque de différer plus avant la mise en place des mesures qui apparaissent indispensables à la sauvegarde du corse. Ce que nous demandons est, nous en sommes conscients, considérable mais nécessaire. Cela coûtera cher et prendra beaucoup de temps. Pourtant, nous en sommes convaincus : Il est possible de mener à bien ce chantier s’il existe une réelle volonté politique qui accompagne la volonté populaire et vice versa. C’est pour cela que nous disons qu’il incombe à tout un chacun (les élus et la population) de prendre ses responsabilités s’il est, comme il l’affirme, favorable à l’usage du corse.

Trêve de balivernes, donnons nous les moyens de parler corse !

Trêve de balivernes et PARLEMU CORSU !