| Lettre adressée
par chaque cosignataire au président Nicolas Sarkozy.
Parlemu Corsu !
Collectif de défense de la langue corse
Cosignataire de la plate-forme en faveur des langues régionales
Monsieur le Président de la République
Par la présente nous vous adressons un texte cosigné
par différentes fédérations et associations oeuvrant
en faveur des langues régionales de France. C’est à
notre connaissance la première fois que ces acteurs se réunissent
au sein d’une plate-forme autour de revendications communes. À
vrai dire, un tel regroupement est tout à fait naturel si l’on
considère que nous avons tous la même préoccupation
: la survie et le développement de la pratique de nos langues.
Comme nous le précisons dans le texte, cette survie
des langues régionales de France passe nécessairement par
la mise en place de politiques linguistiques volontaristes et l’adoption
d’un dispositif législatif spécifique.
Le débat annoncé par le premier ministre
à l’Assemblée Nationale le 7 mai prochain sur la question
des langues de France, doit être selon nous la première étape
d’un processus qui mènera à l’adoption de mesures
législatives en faveur de nos langues.
Nous expliquons dans notre texte commun ce que sont nos demandes. Elles
sont celles d’associations qui travaillent depuis des années
dans ce domaine. Nous n’avons pas peur de dire que nous sommes des
experts en ce domaine.
Dans une lettre adressée au Bureau Européen des Langues
les Moins Répandues, en avril 2007, vous aviez souligné
Monsieur le Président la nécessité de « sécuriser
une fois pour toutes la situation des langues régionales de France
» et proposiez de réfléchir à l’adoption
« d’un texte de loi posant la reconnaissance juridique des
langues régionales de France » qui selon vous est «
beaucoup plus raisonnable et surtout plus efficace » que la ratification
de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.
Enfin, toujours dans cette lettre, vous précisiez que vous n’étiez
pas de ceux (des candidats) qui en période électorale «
promettent tout et n’importe quoi aux locuteurs des langues régionales
», que vous ne faisiez pas de « promesses qui sont sans lendemain
».
Après le débat du 7 mai à l’Assemblée
Nationale, il faudra en tirer des conclusions afin qu’il ne soit
pas sans lendemain. Le dispositif législatif que nous souhaitons
est tout à fait réalisable. Il permettrait à la France
d’être ainsi en accord total avec ses engagements internationaux.
L’UNESCO a déclaré l’année 2008 «
Année Internationale des Langues » et la France prendra la
présidence de l’Union Européenne au mois de juin prochain.
Il nous semble plus que jamais opportun de prendre des mesures en faveur
des langues régionales présentes sur le territoire français,
à l’instar de ce qu’ont déjà fait la
quasi totalité des autres états membres de l’Union
Européenne vis-à-vis des langues minoritaires présentes
sur leurs territoires respectifs.
Espérant recevoir rapidement des réponses
concrètes à nos questions nous vous prions, Monsieur le
président, de bien vouloir recevoir l’expression de notre
considération.
Vultà
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